" Je saisis toutes les opportunités pour que ma terre revive "
Ecrivain, propriétaire de gîtes, réalisateur, chanteur, Jean-Claude Rogliano jongle avec ses multiples casquettes pour célébrer la Corse et plus particulièrement un hameau situé dans le parc de Castagniccia. Interview d'un passionné.
Comment a débuté l'histoire d'amour que vous vivez avec les tours de Tevola et la Castagniccia ?
J'avais 7-8 ans lorsque j'ai vu pour la première fois, à l'écart du village de Carchetu, les ruines dentelées d'une forteresse du XIIIe siècle. J'ai été fasciné par la magie de ce décor, l'allure extraordinaire de ces maisons. Durant des années, cet endroit m'a habité. J'en ai d'abord fait le lieu de mon rom premier roman Mal'Concilio. Puis j'ai eu la chance de pouvoir acheter ces ruines qui au fil des ans avaient continué à s'effondrer et nous avons entrepris un travail de longue haleine: leur restauration. Il est important de reconstituer le patrimoine ancestral de la Corse. Il fallait aussi ramener la vie dans cet endroit, d'où l'idée de créer des gîtes dans les maison tours.
En quoi cette région est elle unique ?
En tant qu'île, la Corse a donné naissance à une civilisation de la mémoire. La Castagniccia est une région à part reposant sur la civilisation du châtaigner qui accompagnait les hommes tout au long de leur vie. Un lien très fort s'est créé entre l'hommes et les arbres. La nature y offre des paysage somptueux où il y a peu les chants rythmaient toute la vie.
Faire figurer la corse dans vos romans et y avoir créé des gîtes fait partie de la même démarche de mise en valeur de cette terre ?
Ce sont deux activités complémentaires. Je saisis toutes les opportunités pour que ma terre revive Dans mes livres comme lorsque je reçois des hôtes, il s'agit de faire mieux connaître la vraie Corse, qui n'est pas celle de la violence, de faire découvrir sa culture, ses chants, son histoire. Et dans les deux cas, la réponse a dépassé mes espérances.
Comment faites-vous partager à vos hôtes votre attachement pour la Corse ?
Une complicité s'établit avec les gens qui viennent. Leur découverte de la culture corse passe souvent par des rencontres, par l'écoute, ensemble, de musiciens et de chanteurs. Des réunions se font aussi autour du four reconstruit dans lequel on fait cuire des migliacci, " gâteaux " au fromage frais. Ceux qui reviennent, que nous avons baptisés les " récidivistes ", sont nombreux et forment une famille de plus en plus élargie.
Propos recueillis par H. B.
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J-C Rogliano et sa fille Lesia |
Agé de 56 ans, Jean-Claude Rogliano a publié son premier roman il y a une vingtaine d’années. Mal’Concilio a très vite connu un large retentissement. Objet de mémoires universitaires, il a été décliné en feuilleton dans le magazine Rustica et son thème a été repris dans des chansons. Des petites filles ont été baptisées Lesia, du nom de l’héroïne. Depuis, Jean-Claude Rogliano a publié d’autres ouvrages, dont un recueil de Contes et Légendes de Corse, réalisé en collaboration avec sa fille Agnès. Son dernier livre, Visa pour un miroir, s’inspire d’un périple accompli dans le cadre d’un convoi humanitaire en décembre 1989 en Roumanie, au moment où le peuple se soulevait contre la tyrannie de Ceaucescu. La vallée du Giu, où il était arrivé, a fait naître en lui des résonances avec la Corse. Cette découverte a débouché sur un roman à la fois fantastique, policier et d’aventure. Jean-Claude Rogliano a encore d’autres cordes à son arc. Il a aussi réalisé des films dans la série Légendaires de Pierre Dumayet. Et il ne manque pas de projets. |
Gîte de France n°41
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